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24 mars 2022

N°7 – Axelle Lemaire : #MonAvenir, Le numérique vient en appui de la pédagogie 

Dans cette séquence intitulée #MonAvenir, il est essentiellement question de l’avenir du monde de l’enseignement et de la formation à l’ère des nouvelles technologies (VR, metaverse…). Alors qu’1/3 des Français sont pour le développement des cours en autonomie sans enseignant en ayant davantage recours aux nouvelles technologies (sondage exclusive BVA pour FUTUR·E·S réalisé par internet du 7 au 9 février 2022), Axelle Lemaire considère que le rôle de l’enseignant doit surtout évoluer :  

« Ce n’est plus l’expert titulaire unique du savoir qui, de manière unilatérale, professe le contenu de sa connaissance. C’est un accompagnement de vie dans la découverte des savoirs. Avec les technologies numériques, on peut apprendre à son rythme, on est plus conscient de ses limites et l’enseignant dans tout cela a un rôle crucial à jouer dans la capacité donnée aux élèves à se saisir eux-mêmes des enjeux pour avancer. Finalement, le rôle de l’enseignant est presque plus important qu’auparavant […] C’est une fonction qui évolue mais qui est plus essentielle que jamais. On n’a pas assez de profs, ils ne sont pas assez bien payés, alors qu’ils devraient de nouveau être les hussards de la République du XXIᵉ siècle. » 

Pour notre invitée, quand on parle d’enseignement, il y a un autre sujet qui devrait interpeller et inquiéter, celui du niveau des jeunes Français en mathématiques et en sciences (problématique déjà soulevé par Cédric Villani sur un précédent plateau de FUTUR·E·S) qui peut se traduire par un manque criant de talents de numérique en général et dans l’intelligence artificielle en particulier.  

« Les producteurs de technologies sont principalement étrangers aujourd’hui. On n’a pas suffisamment de personnes formées aux métiers du numérique et les besoins sont pourtant croissants. Et cette population là non seulement n’augmente pas, mais a plutôt tendance à diminuer. » 

Pour Axelle Lemaire qui a porté le projet de la « Grande école du numérique » (un groupement d’intérêt public qui a pour mission de labelliser des formations qui s’adressent d’abord et avant tout aux personnes qui sont éloignées de l’emploi en espérant faire d’elles les talents numériques de demain), on n’attire pas assez suffisamment les jeunes vers ces filières et notamment les jeunes femmes dans la Tech. Si on veut préparer notre pays aux grands défis de demain, il faut mettre les moyens sur la formation continue, tout au long de la vie, car les métiers d’aujourd’hui ne sont pas viable ad vitam aeternam.  

« Il faut beaucoup travailler sur les représentations professionnelles, mais aussi créer plus d’écoles et créer plus de place dans ces écoles. Former absolument massivement avec cette difficulté qui est que l’on doit former des humanistes qui aussi sont ouverts aux langues qu’aux sciences humaines et qui sauront s’adapter en continu aux nouvelles et aux futures techniques. » 

Axelle Lemaire