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10 mars 2022

N°6 – Laurent Berger : #MonAvenir, « Face aux bouleversements du monde du travail, il faut de l’accompagnement, pas une société kleenex »

Dans cette séquence intitulée #MonAvenir, il est essentiellement question de l’avenir du monde du travail. Alors que 8 Français sur 10[1] sont encore attachés au statut de salarié (étude exclusive BVA pour FUTUR·E·S), Laurent Berger considère que ce modèle restera dominant dans les prochaines années avec néanmoins une cohabitation plus forte avec d’autres formes de travail (émergence des Slashers) à la condition que les travailleurs indépendants soient davantage protégés.

Laurent Berger défend ainsi le projet d’un syndicalisme des travailleurs indépendants que la CFDT tente déjà de mettre en œuvre à travers l’Union, première plateforme de revendication sociale pour les travailleurs indépendants.  

Le Secrétaire Général de la CFDT aborde avec lucidité les évolutions du monde du travail, en reconnaissant à la fois les nombreuses opportunités apportées notamment par l’innovation technologique et numérique en matière de confort et d’allégement des conditions de travail, mais aussi les risques générés avec la disparition de certains corps de métier ou encore l’effacement des frontières entre vie professionnelle et vie personnelle.

« Face à la disparation de certains métiers, il faut de l’accompagnement, pas une société kleenex Mais on ne va pas revenir en arrière non plus. Donc il va falloir réguler et contrôler. »

Selon Laurent Berger, « Le monde du travail est pénétré de préoccupations qui précédemment n’existaient pas de la même manière ». Pour lui, « La CFDT est un syndicat complet qui se préoccupe des questions du travail, de la répartition de la valeur dans l’entreprise, de la protection sociale, etc. mais aussi de tout ce qui se trouve de l’autre côté de la production c’est-à-dire des questions sociétales, etc. ».

Pour faire face à tous ces défis mais aussi pour manœuvrer dans un monde du travail plus éclaté, plus fragmenté, il est primordial de réintroduire du dialogue social de proximité et de valoriser davantage les droits d’expression des salariés dans la gouvernance d’entreprise, une prise en compte qui doit non seulement s’exercer au niveau de la direction de l’entreprise mais aussi des organisations syndicales.

Une co-construction qui doit aussi s’opérer à l’école avec les enseignants qui jouent un rôle essentiel pour faire face aux défis de demain. Bien qu’il faille corriger un certain nombre de méthodes pédagogiques (notamment notre système de notation par l’erreur), notre invité qui a été enseignant, considère qu’il y a davantage urgence à corriger les inégalités en matière éducative sur le territoire et à réhabiliter / revaloriser les métiers de l’enseignement et l’ensemble des équipes pédagogiques (de l’enseignant à l’ATSEM). Contrairement aux idées reçues, Laurent Berger ne croit pas que les enseignants soient rétifs aux changements :

 « Donc oui, on peut faire bouger les choses. Je ne connais pas beaucoup d’enseignants qui ne sont pas prêts à faire évoluer les choses, y compris en termes d’évaluation. Mais personne ne réformera l’éducation en allant contre les enseignants ».


[1] Aujourd’hui plus de 8 Français sur 10 sont attachés au statut du salariat. 57% des salariés de plus de 50 ans sont attachés à leur statut, 49% des salariés de 35-49 ans et 36% des salariés de moins de 35 ans.