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10 mars 2022

N°6 – Laurent Berger : #MaPlace, Liberté, égalité, diversité : comment faire mieux ?

Enfin dans cette dernière séquence de notre émission, Laurent Berger est invité à présenter ses idées pour faire de la France une société plus inclusive pour chaque citoyen.

Sur la question des discriminations dans le monde du travail, le Secrétaire Général de la CFDT affirme qu’il est nécessaire de traiter le sujet au niveau de l’entreprise tout en pointant du doigt le fait que les biais sont surtout présents dans la société.

« Pour lutter contre, il faut une vraie volonté politiqueIl faut des sanctions quand il y a discrimination assumée et mise en place. Mais il faut aussi lutter contre les discriminations qui sont non assumées, au sens où ce n’est pas une volonté délibérée, mais qui sont liées à des process de recrutement, à des images qui se créent, surtout lorsqu’on vient de tel ou tel quartier, etc. […] Je pense qu’on ne va pas assez loin aujourd’hui ».

Aller plus loin, Laurent Berger le souhaite également pour sanctionner les inégalités de salaire entre les femmes et les hommes dans l’entreprise. Une meilleure représentation doit également s’opérer au niveau des organisations syndicales pour atteindre une parité au niveau des postes de direction.

Enfin, il faut – selon notre invité – non seulement braquer le projecteur sur le fameux plafond de verre mais aussi sur le « plancher collant » qui touchent majoritairement les métiers féminisés qui sont parmi les moins bien rémunérés.

« 60% des Smicards sont des Smicardes. Les métiers du lien social, du nettoyage, les métiers du commerce, les métiers du maintien à domicile sont parmi les plus féminisés et les moins bien payés, pourtant ce sont des métiers essentiels. On a une forme d’hypocrisie collective et je suis persuadé que si ces métiers étaient plus masculins, on aurait moins de paupérisation. »

Sur la question du temps de travail et de l’équilibre vie pro / vie perso, et alors que l’Espagne teste actuellement la semaine de travail de 4 jours, 83% des Français souhaiteraient pouvoir bénéficier d’un cadre similaire et 66% déclarent même que cette organisation du temps de travail est compatible avec leur poste[i].

Pour notre invité, La réduction du temps de travail ne doit pas se faire sur un plan hebdomadaire parce qu’il y a des réalités professionnelles différentes et que cela doit être négocié.

« A la CFDT, on a fait une proposition qui s’appelle la banque des temps, c’est à dire que chacun puisse capitaliser. On fait même la proposition, que ce soit abondée par des jours de congés supplémentaires qu’on mettrait sur cette banque des temps pour que chacun puisse en bénéficier. »

Ce « temps libéré » doit également permettre de favoriser davantage la parité en permettant un meilleur équilibre des temps personnel et professionnel pour les hommes mais aussi et surtout pour les femmes.

Egalité donc mais aussi solidarité. Selon l’INSEE, la France compte aujourd’hui 16,4% de seniors parmi lesquels 2,5 millions de seniors en perte d’autonomie (un chiffre qui devrait atteindre 4 millions d’ici 2050). D’ailleurs, toujours selon les projections de l’INSEE, Près d’un habitant sur 3 aura plus de 60 ans donc le ratio actif / retraité va également basculer d’ici 2050. Au vu de ces projections, le débat autour d’un âge légal de départ à la retraite (aujourd’hui fixé à 62 ans) a-t-il encore un sens ?

Pour Laurent Berger, le débat actuel sur l’âge de départ à la retraite est un mauvais débat.

« Aujourd’hui moitié des gens qui partent en retraite ne sont déjà plus en emploi, ils sont soit au chômage ou soit en invalidité. Donc je crois qu’il faut d’abord traiter cette question-là. Comment on peut aller au bout de sa carrière sans être mis dehors par son entreprise ? »

Il faut arrêter de brandir des âges pour Laurent Berger qui est favorable à une retraire à la carte.


[i] Étude exclusive BVA pour FUTUR·E·S réalisée par internet du 24 au 26 janvier 2022. Echantillon de 1658 personnes, représentatif de la population française.