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24 février 2022

N°5 – Najat Vallaud Belkacem : #MonPays, Renverser les échelles de valeurs et changer de logiciel…

…POUR UNE SOCIÉTÉ DE LA MOBILITÉ SOCIALE, PLUS JUSTE, PLUS VERTUEUSE ET SOLIDAIRE

À partir de ce qui caractérise et définit la France jusqu’à ce jour, notre invitée esquisse ce qu’elle devrait être dans le futur ; à travers ses territoires et dans le monde. Dans cette séquence intitulée #MonPays, on s’interroge sur le grand récit auquel les composantes du pays pourraient adhérer pour affronter les grands défis à venir.

Pour Najat Vallaud Belkacem, la bataille pour construire un monde plus juste, plus égalitaire est avant tout culturelle avant d’être monétaire ou économique. Elle consisterait à revoir les échelles de valeurs pour faire basculer la France d’une société des « héritiers » (La Reproduction des élites, Bourdieu) à une société de mobilité sociale dans laquelle l’on accorderait moins d’importance par exemple aux diplômes et où l’on valoriserait davantage l’utilité sociale du métier. Sur ce dernier point, les Français adhèrent massivement à la proposition : 9 Français sur 10 sont ainsi convaincus qu’il faudrait davantage prendre en compte l’utilité sociale du métier dans la rémunération et 44% considèrent même que ce critère devrait être prioritaire.

« Il faut revaloriser, pas seulement monétairement, mais aussi dans la façon dont on en parle, dans la culture, dans la façon dont on en parle aux enfants et aux élèves, par exemple, au moment où ils font leur choix d’orientation. Tous ces métiers qu’on a laissé se dévaloriser alors qu’ils sont le nerf de la guerre, d’une certaine façon. »

Une valorisation qui passerait aussi par une meilleure représentation et un récit positif autour de la mixité sociale et de la réussite qui ne doit pas se faire « au détriment des autres » mais avec le concours de chacun.

« Si on arrive à se mettre dans une société dans laquelle la richesse est calculée différemment, et où le PIB n’est pas le seul indicateur de notre richesse collective, une société dans laquelle on se dit qu’il y a des métiers qui ont de la valeur même si la qualification est moindre. Si on arrive enfin à ce stade où ce n’est pas le diplôme qui est l’alpha et l’oméga de votre réussite dans la vie […] cela conduirait vers une société où non seulement on rend plus justice aux métiers de première nécessité et de proximité mais en plus une société de mobilité sociale ».

Ce « changement de logiciel », cette révision des référentiels doit aussi s’opérer dans le domaine de la solidarité à l’échelle internationale avec la nécessité de revoir la sémantique en passant d’une logique d’aide au développement à une vision de partenariat et d’associer davantage les citoyens à la construction de solutions pour lutter contre l’extrême pauvreté à l’image de la consultation citoyenne initiée par la fondation One et qui a recueilli 25 000 contributions.

« On a voulu en effet embarquer davantage les citoyens français dans cette réflexion. On ne se fait pas à l’idée selon laquelle l’extrême pauvreté, c’est très, très loin, donc ça n’intéresse pas nos compatriotes. Ce n’est pas vrai [car] il s’agit de se demander dans quel monde on vit. Est-ce que ce monde on le veut vivable ou est-ce qu’on l’accepte étouffant ? »