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24 février 2022

N°5 – Najat Vallaud Belkacem : #MonAvenir, revaloriser l’enseignement a l’ère du numérique

Dans cette partie portant sur l’avenir de notre société, nous avons demandé à notre invitée, ancienne ministre de l’Education Nationale, de nous donner sa vision de l’enseignement du futur. Elle revient notamment sur sa proposition, lorsqu’elle était ministre de l’Education Nationale d’introduire le numérique dans les écoles et collèges (tant pour les enseignants que pour les élèves) :

J’ai eu un certain nombre de levées de boucliers lorsque j’ai proposé d’introduire plus d’écrans à l’école. Je pense que les pouvoirs publics devraient se lancer dans un grand plan d’investissement numérique sur les questions du savoir pour accompagner les jeunes à l’école mais aussi assurer une formation continue pour les adultes qui se reconvertissent.

Selon Najat Vallaud Belkacem, la place des écrans ne doit pas être diabolisée, nous devons apprendre à nous en servir comme de vrais outils d’apprentissage et d’amélioration des conditions, notamment pour les élèves en difficultés.

Pour les Français, les principales missions des enseignants aujourd’hui ne se situent plus foncièrement sur le sujet de la maîtrise des savoirs fondamentaux mais davantage sur la question de la transmission des valeurs (62%).

Pour Najat Vallaud Belkacem, ce point est très important mais ne doit pas reposer que sur les enseignants. Cette transmission des valeurs doit aussi passer par les médias, les personnalités publiques, la société civile.

Selon notre enquête exclusive BVA pour FUTUR·E·S, les Français sont divisés sur la revalorisation des salaires des enseignants. Pour 52% d’entre eux, cela ne serait pas efficace pour améliorer la qualité de l’enseignement. Notre invitée réagit en insistant sur le fait que la place de l’enseignant dans la société doit être réévaluée, et de fait, leurs salaires également.

Ce chiffre montre que le « prof bashing » a bien fonctionné. […] Le salaire des enseignants assoit également leur crédibilité.

Concernant l’enseignement supérieur, Najat Vallaud-Belkacem fustige le rôle des diplômes en France, qui selon elle est beaucoup trop important. Il faut prendre exemple sur les autres pays qui sont tous dans la démarche inverse pour affronter les gros défis qui nous attendent (écologie, numérique, financiarisation de la société…), et redonner justice aux métiers de première nécessité, qui ne nécessite pas toujours des années d’études.

Je ne fais pas partie de ces gens qui veulent la disparition des grandes écoles. Je suis pour que tout jeune qui une fois le BAC en poche souhaite avancer, soit accompagné. Il faut que la puissance publique investisse tous ces lieux de savoirs avec le même investissement.

L’entreprise de demain : acteur du changement ou condamner à mourir ?

Enfin, sur le rôle que jouent les entreprises dans l’avenir de nos jeunes, notre invitée met en avant l’engagement dont elles doivent faire preuve.

« Inutile de tenir un discours catastrophique car c’est totalement dans l’intérêt des entreprises. Le nombre de gens qui sont demandeurs de sens dans leur vie professionnelle et d’éthique de la part de leur entreprise sont de plus en plus nombreux. C’est un moment exaltant et dans l’intérêt des entreprises ».

« Il n’y a pas d’engagement, mais que des preuves d’engagement » nous disent les jeunes aujourd’hui dans les enquêtes que nous menons chez BVA. Il faut dépasser le stade du social washing, devons-nous passer le stade de la contrainte ?

Pour notre invitée, les entreprises n’attendent pas la sanction, c’est dans leur intérêt vital de s’engager.