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Elytweet n°26 – Semaine du 04 au 10 AVRIL 2022 & 48H Post-1er tour

Ce baromètre Elytweet permet d’analyser l’agenda setting, c’est-à-dire la capacité du côté des candidats à l’élection présidentielle, de leur formation politique et de leur entourage à imposer certaines thématiques à l’agenda médiatique sur Twitter. Il s’agit également de s’intéresser à la visibilité que donnent des journalistes politiques et éditorialistes sur Twitter à ces candidats et formations.

*Indice, de 1 à 10, qui permet de voir l’alignement des sujets abordés par les comptes Twitter des différents candidats déclarés ou présumés à l’élection présidentielle de 2022 et de leurs soutiens partisans et ceux abordés par les comptes Twitter des journalistes éditorialistes politiques au cours de la période écoulée

INDICE DE VISIBILITÉ *semaine du 04 au 10 AVRIL

*Pourcentage des tweets émis par les comptes Twitter des journalistes politiques et éditorialistes politiques qui citent au moins une fois le nom de l’un des candidats déclarés ou présumés à l’élection présidentielle de 2022, de leur entourage respectif et de leur formation politique.


Les dix derniers jours peuvent être scindés en deux parties : la semaine précédant le premier scrutin présidentiel et les premières 48 heures succédant la publication des résultats au soir du premier tour.

S’agissant de la période de lundi 4 au dimanche 10 avril 19h59, il est intéressant de constater que les taux de visibilité des candidats auprès des journalistes et commentateurs sur Twitter se situent dans des proportions relativement similaires aux scores enregistrés au soir du premier tour de l’élection présidentielle. Les deux finalistes à l’élection présidentielle sont ainsi les mêmes que ceux qui obtiennent la visibilité la plus forte auprès de notre corpus de journalistes et éditorialistes politiques : Emmanuel Macron enregistre un taux de visibilité de 26,2 % pour un score final de 27,84 % et Marine Le Pen un taux de visibilité de 20,4 % pour un score final de 23,15 %.

À noter toutefois la remontée du taux de visibilité de cette dernière qui enregistrait un pourcentage bien moindre lors des dernières semaines avec 10,5 % en février à 9,9 % en mars. À l’inverse, Anne Hidalgo aura bénéficié d’une surexposition tout au long de la campagne avec une moyenne de 8,3 % en février, 6 % en mars, et 6,1 % lors de cette première semaine d’avril pour un résultat final de 1,75 %.

Dans le même temps, le parallèle entre taux de visibilité des candidats auprès des journalistes sur Twitter et résultats obtenus au soir du premier tour peut s’observer dans le classement final. En effet, à l’exception notable d’Anne Hidalgo – qui se retrouve au 6e rang derrière Éric Zemmour et Valérie Pécresse, et devant Yannick Jadot et Fabien Roussel – et dans une moindre mesure Nicolas Dupont-Aignan, qui est derrière Philippe Poutou, le ranking des taux de visibilité est conforme aux bulletins glissés dans les urnes par les Français.

Par la suite, la publication des premières estimations des résultats du premier tour ce dimanche 10 avril à 20 heures se révèle être l’un des moments les plus intenses de la campagne en ligne.

En effet, à l’annonce des résultats envoyant Emmanuel Macron et Marine Le Pen au second tour, se succèdent diverses réactions et interrogations au cours de ces 48 premières heures.

Du côté des journalistes, ce sont les questions d’ordre stratégique ou de bilan du premier tour qui sont traitées prioritairement. Peu de questions relatives aux programmes semblent retenir leur attention. Ceux-ci ont principalement évoqué le score obtenu par Jean-Luc Mélenchon – qui se recoupe avec le fait que seuls trois candidats ont obtenu plus de 10 % et que quatre seulement obtiennent les 5 % nécessaires au remboursement des frais de campagne –, l’échec de Valérie Pécresse, celui de Fabien Roussel, l’effacement total d’Anne Hidalgo ou encore le score obtenu par Éric Zemmour dans certains endroits, le 16e arrondissement en particulier. 

Parallèlement, la plupart des candidats effectuent depuis dimanche soir des appels au vote en vue du second tour. Marine Le Pen a ainsi appelé à faire « l’union nationale » autour d’elle, tandis que son entourage, à l’instar de Jordan Bardella, demande à faire barrage à Emmanuel Macron. Il est remarquable de noter ici que les soutiens de la candidate du Rassemblement national reprennent à leur compte les mots d’appels traditionnellement utilisés à leur encontre : « faire barrage », « constituer un front », etc.

Du côté des perdants, Yannick Jadot, Fabien Roussel, Anne Hidalgo et Valérie Pécresse appellent sans ambages à voter Emmanuel Macron. Un cas particulier toutefois pour cette dernière dans la mesure où certains LR, comme Éric Ciotti, envisagent d’ores-et-déjà de rejoindre Marine Le Pen. Jean-Luc Mélenchon refuse, quant à lui, de laisser aller « une seule voix à madame Le Pen », une position qu’il s’est plu à marteler dans son allocution d’après premier tour.

Après les appels au vote, les appels aux dons. Dès le dimanche soir, Yannick Jadot et les écologistes se sont servis de Twitter afin de demander de l’aide pour rembourser leur campagne. Valérie Pécresse en a fait de même dès le lendemain, suscitant alors de nombreux mèmes sur le réseau.

À noter, si la question des législatives a pu être évoquée sur les plateaux de télévision lors de la soirée électorale ou à diverses occasions lors des semaines précédentes, le sujet ne transparaît pas de manière significative dans les publications des candidats défaits et des journalistes sur Twitter, à l’exception de Renaud Pila et de Françoise Degois qui sont les plus grands pourvoyeurs de tweets à ce propos.

Enfin, il est pertinent de d’analyser quels sont les thèmes dont les deux finalistes de l’élection présidentielle s’emparent au lendemain du premier tour.

Le sujet le plus mis en avant est le pouvoir d’achat. S’il est poussé à 80 % par Marine Le Pen et son entourage, il n’en demeure pas moins une préoccupation majeure pour Emmanuel Macron : il s’agit en effet du sujet le plus poussé par l’entourage du président, à égalité avec celui du chômage. Leur mobilisation porte ensuite prioritairement sur l’Ukraine, l’immigration et les valeurs de la France. À l’exception du pouvoir d’achat et du chômage, ces sujets ne correspondent pas aux thèmes jugés comme les plus importants par les Françaises et les Français dans notre dernier baromètre d’appropriation des items activistes par les candidats à la présidentielle.

Les premiers déplacements des candidats sur le territoire les invitent à revoir certaines de leurs propositions en vue d’élargir leur électorat. Emmanuel Macron envisage de possibles concessions sur la réforme des retraites, sujet cher à une partie de la gauche, tandis que Marine Le Pen s’attarde sur des réformes institutionnelles, avec notamment une proposition de septennat non renouvelable.


Anthony Dos Santos
Anthony Dos Santos

Co-fondateur / Directeur associé chez Uptowns 👀