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Elytweet n°23 – Semaine du 14 au 20 mars 2022

Ce baromètre Elytweet permet d’analyser l’agenda setting, c’est-à-dire la capacité du côté des candidats à l’élection présidentielle, de leur formation politique et de leur entourage à imposer certaines thématiques à l’agenda médiatique sur Twitter. Il s’agit également de s’intéresser à la visibilité que donnent des journalistes politiques et éditorialistes sur Twitter à ces candidats et formations.

INDICE d’alignement* – semaine du 14 au 20 mars

*Indice, de 1 à 10, qui permet de voir l’alignement des sujets abordés par les comptes Twitter des différents candidats déclarés ou présumés à l’élection présidentielle de 2022 et de leurs soutiens partisans et ceux abordés par les comptes Twitter des journalistes éditorialistes politiques au cours de la période écoulée

INDICE DE VISIBILITÉ *semaine du 14 au 20 mars

*Pourcentage des tweets émis par les comptes Twitter des journalistes politiques et éditorialistes politiques qui citent au moins une fois le nom de l’un des candidats déclarés ou présumés à l’élection présidentielle de 2022, de leur entourage respectif et de leur formation politique.


L’Ukraine demeure le sujet le plus évoqué par les journalistes et les commentateurs sur Twitter, même si le volume de tweets continue de décroître : moins de 100 tweets sur la semaine écoulée. Pour beaucoup de candidats, ce sont des hashtags propres à leur campagne qui s’imposent, comme #OùEstPoutou, #ZemmourPresident, #Hidalgo2022, #Pécresse2022 ou encore #UnionPopulaire, et qui servent à mobiliser les militants autour d’un événement ou d’un sujet précis.

De manière générale, il est intéressant de noter que le président de la République parvient à faire des grandes mesures de son programme des sujets qui s’imposent à l’agenda médiatique et politique. En effet, son statut de président sortant fait, d’une part, que chacun de ses déplacements est scruté et commenté et, d’autre part, que les réformes annoncées rythment ensuite les discussions et orientent les sujets abordés. Le recul de l’âge légal de départ à la retraite ou encore le conditionnement du RSA à des heures de travail font ainsi partie des sujets les plus traités par l’ensemble des observateurs et acteurs de la vie politique. 

On note toutefois que si cette “position de force” le place au centre des discussions, tant du côté des candidats que des journalistes, cela permet également à ses adversaires de développer des points précis de leur programme en guise de réponses. C’est notamment le cas cette semaine sur le sujet du recul de l’âge légal de départ à la retraite pour lequel six des candidats à l’élection présidentielle ont tenu à faire valoir et lui opposer leur positionnement, voire leurs propositions.

Parallèlement, un volume important de tweets prend pour cible Emmanuel Macron, non pas pour les sujets qu’ils abordent, mais pour les conditions du scrutin qu’il imposerait à ses adversaires en cette période d’avant premier tour. Le refus du président de participer à un débat est ainsi particulièrement pointé par les journalistes et les commentateurs sur Twitter. On a vu, par exemple, BFMTV annoncer l’annulation de sa soirée électorale du 23 mars après que le chef de l’État lui a indiqué qu’il ne serait pas en mesure d’y participer. Dans le même temps, la décision de TF1 de ne pas convier 4 des 12 candidats à la présidentielle lors de son émission politique du 14 mars alimente grandement ce mécontentement ambiant. En effet, bien que la première chaîne se soit dédouanée en signalant qu’elle respectait le cadre fixé par l’Arcom, le candidat du NPA Philippe Poutou et son entourage se sont particulièrement mobilisés en ligne, au travers du hashtag #OùEstPoutou, pour dénoncer les nouvelles règles du gendarme de l’audiovisuel qui “invisibiliseraient” les plus petits candidats.

De son côté, Jean-Luc Mélenchon confirme un taux de visibilité à la hausse auprès des journalistes et commentateurs sur Twitter. Malgré un indice d’alignement modeste, il a gagné près de 10 points de visibilité depuis la création du baromètre, enregistrant ainsi un taux de visibilité désormais équivalent à son score dans les sondages. Une grande partie des tweets le concernant est liée à la marche pour la VIe République qu’il a organisée ce dimanche 20 mars à Paris, place de la République. Si cette marche n’a pas été relevée par ses concurrents, il s’agit en revanche d’un des sujets les plus commentés par les journalistes cette semaine sur le réseau social, soulignant la démonstration de force effectuée, mais aussi s’attardant sur le fond du discours de clôture du candidat.

Jean-Luc Mélenchon dépasse désormais nettement les autres candidats de gauche à l’exception d’Anne Hidalgo qui obtient 8,5 % de visibilité. Ce taux élevé s’explique notamment par la polémique engendrée par ses déclarations lors d’une interview accordée au magazine people Closer« Contrairement à d’autres, je n’aurais jamais pu tomber amoureuse d’un adolescent » – ou encore par les commentaires liés au ralliement d’anciens socialistes à Emmanuel Macron. À noter enfin le faible alignement d’Éric Zemmour et de Marine Le Pen avec les sujets traités par les journalistes, ainsi que leur taux de visibilité en berne, respectivement 9,3 % et 6,7 %. La candidate du Rassemblement national souffre en effet d’un écart important entre les intentions de vote en sa faveur et sa visibilité auprès des journalistes en ligne. À l’inverse, on assiste à une surpondération en termes de visibilité des candidats situés au centre de l’échiquier politique, Emmanuel Macron, Anne Hidalgo et Valérie Pécresse. Néanmoins, et malgré quelques différentiels, il apparaît que le taux de visibilité de chaque candidat(e) est de plus en plus conforme à celui des intentions de vote qu’il(elle) obtient lors des dernières vagues sondagières.


Anthony Dos Santos
Anthony Dos Santos

Co-fondateur / Directeur associé chez Uptowns 👀