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Elytweet n°17 – Semaine du 31 JANVIER au 06 Février 2022

Ce baromètre Elytweet permet d’analyser l’agenda setting, c’est-à-dire la capacité du côté des candidats à l’élection présidentielle, de leur formation politique et de leur entourage à imposer certaines thématiques à l’agenda médiatique sur Twitter. Il s’agit également de s’intéresser à la visibilité que donnent des journalistes politiques et éditorialistes sur Twitter à ces candidats et formations.

INDICE d’alignement* – semaine du 31 janvier au 06 fevrier

*Indice, de 1 à 10, qui permet de voir l’alignement des sujets abordés par les comptes Twitter des différents candidats déclarés ou présumés à l’élection présidentielle de 2022 et de leurs soutiens partisans et ceux abordés par les comptes Twitter des journalistes éditorialistes politiques au cours de la période écoulée

INDICE DE VISIBILITÉ *semaine du 31 janvier au 06 fevrier

*Pourcentage des tweets émis par les comptes Twitter des journalistes politiques et éditorialistes politiques qui citent au moins une fois le nom de l’un des candidats déclarés ou présumés à l’élection présidentielle de 2022, de leur entourage respectif et de leur formation politique.


Comme la semaine précédente, le coronavirus demeure dans les premiers jours de février le sujet – et ce de très loin – le plus commenté par les journalistes et éditorialistes sur Twitter, mais il l’est beaucoup moins du côté des candidats et de leur entourage, même s’il reste évoqué. Ce passage au second plan témoigne de l’intensification de la campagne présidentielle.

Parallèlement, la tendance qui se dessine depuis la mi-janvier se confirme : les candidats et leur entourage sont de plus en plus tournés vers des expressions spécifiques à leur campagne. “#MelenchonTours”, “#RousselMarseille”, “#MarineReims” ou encore “#ZemmourLille”, autant de hashtags particulièrement utilisés qui correspondent à des meetings, des émissions…

Leur utilisation permet de faire d’un événement un temps fort et un moment de mobilisation militante sur les réseaux sociaux qui s’apparente à une démonstration de force de la part des formations politiques.

Yannick Jadot, Fabien Roussel, Christiane Taubira et Jean-Luc Mélenchon se sont mobilisés à l’occasion de la sortie du rapport de la Fondation Abbé-Pierre (pour le logement des défavorisés) sur l’état du logement en France. La parution du rapport a été particulièrement commentée par les journalistes et commentateurs politiques sur Twitter qui se sont principalement intéressés aux prestations des candidats lors de l’événement organisé par la fondation. Les candidats ont, quant à eux, mis en avant leurs propositions pour lutter contre le mal-logement. On a là une mise à l’agenda d’un sujet par un acteur associatif qui a imprimé tant du côté des candidats et de leur entourage que des journalistes sur Twitter, mais qui s’en sont emparés de manière différente.

Les remontées des parrainages ont commencé au début du mois de février. Les journalistes et commentateurs politiques scrutent cette étape cruciale de la campagne. Une proportion non négligeable de tweets fait état du nombre de parrainages collectés par les candidats ou de témoignages apportés par des élus connus. Du côté des candidats, le recueil des parrainages peut être un moyen de faire une démonstration de force, comme par exemple pour Anne Hidalgo ou pour Valérie Pécresse. D’autres candidats mettent en scène la difficulté de collecter les 500 parrainages, dans la mesure où elle pose, selon eux, la question du bon fonctionnement des institutions. Ces deux approches sont reprises par les journalistes sur Twitter.

Enfin, l’écart entre des alignements parfois très faibles et la visibilité en progression de certains candidats retient l’attention. Les visibilités de Fabien Roussel, d’Anne Hidalgo et de Marine Le Pen auprès des journalistes et commentateurs sur Twitter progressent. Il ne s’agit pas ici d’effets d’agendas ou d’alignement mais bel et bien un intérêt fort porté aux campagnes de la part des journalistes ou des commentateurs. Plusieurs d’entre eux évoquent ainsi Fabien Roussel en considérant qu’il fait une bonne campagne et que sa candidature est intéressante, qu’elle constitue une surprise. Du côté de Marine Le Pen ou d’Anne Hidalgo, leur visibilité est liée à des commentaires d’ordre stratégique, notamment concernant la défection de certains soutiens. Aussi, si les alignements sont plus faibles, que les candidats tentent peu de hisser des sujets à l’agenda médiatique ou politique, il est intéressant de noter que ce sont ces campagnes qui impriment le plus auprès des journalistes et des commentateurs sur Twitter.


Anthony Dos Santos
Anthony Dos Santos

Co-fondateur / Directeur associé chez Uptowns 👀