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Elytweet n°14 – Semaine du 10 au 16 janvier 2022

Ce baromètre Elytweet permet d’analyser l’agenda setting, c’est-à-dire la capacité du côté des candidats à l’élection présidentielle, de leur formation politique et de leur entourage à imposer certaines thématiques à l’agenda médiatique sur Twitter. Il s’agit également de s’intéresser à la visibilité que donnent des journalistes politiques et éditorialistes sur Twitter à ces candidats et formations.

INDICE d’alignement* – semaine du 10 au 16 JANVIER

*Indice, de 1 à 10, qui permet de voir l’alignement des sujets abordés par les comptes Twitter des différents candidats déclarés ou présumés à l’élection présidentielle de 2022 et de leurs soutiens partisans et ceux abordés par les comptes Twitter des journalistes éditorialistes politiques au cours de la période écoulée

INDICE DE VISIBILITÉ * – semaine du 10 au 16 JANVIER

*Pourcentage des tweets émis par les comptes Twitter des journalistes politiques et éditorialistes politiques qui citent au moins une fois le nom de l’un des candidats déclarés ou présumés à l’élection présidentielle de 2022, de leur entourage respectif et de leur formation politique.


Cette troisième semaine de janvier est placée sous le signe de la diversification. En effet, alors que près de la moitié des items de la semaine du 3 janvier était relative à la crise sanitaire, cette semaine du 10 janvier est ponctuée par de multiples sujets indépendants, tels que les divers débats menés à l’Assemblée nationale et au Sénat, les interrogations autour des modalités du scrutin présidentiel ou encore les analyses politiques après la grève nationale dans l’Éducation nationale. Participant à rendre cette semaine plus singulière que les deux précédentes, cette actualité dense aura aussi permis aux candidats à l’élection présidentielle d’influer plus fortement sur les sujets abordés par les journalistes et les commentateurs sur Twitter.

La question de l’endométriose a été concurremment mise en avant par la France insoumise, spécifiquement Clémentine Autain, et La République en Marche, par l’intermédiaire du président de la République.

Les premiers proposaient de reconnaître cette maladie comme une affection de longue durée dans le cadre d’une niche parlementaire de leur groupe à l’Assemblée nationale, quand le chef de l’État, lui, annonçait vouloir faire avancer la recherche sur le sujet. C’est la France insoumise qui a réussi à s’imposer sur ce sujet et a vu ses demandes, ainsi que sa définition du problème, reprises par les journalistes et les commentateurs politiques sur Twitter, après que les députés ont voté à l’unanimité la résolution défendue par la députée insoumise.

Parallèlement, plusieurs candidats – notamment Jean-Luc Mélenchon, Éric Zemmour, Arnaud Montebourg ou Marine Le Pen – ont mis en avant la question des 500 parrainages à obtenir pour pouvoir concourir au scrutin présidentiel. Ce sujet crucial pour les candidats dans les semaines à venir a été médiatisé par les journalistes et les observateurs politiques sur Twitter. Les candidats qui ont mis en avant la question, parfois par l’intermédiaire de conférences de presse, sont les candidats qui peinent le plus à obtenir les signatures.

L’émergence de la question dans l’agenda médiatique a obligé les autres candidats à se positionner sur la question. L’entourage d’Emmanuel Macron ou encore Fabien Roussel se sont alors prononcés contre une réforme du mode de parrainage.

Cependant, deux séquences issues des campagnes d’Éric Zemmour et de Jean-Luc Mélenchon ont également suscité nombre de commentaires. Le premier a fait polémique après ses propos concernant la place des enfants handicapés dans son projet pour l’école. Largement commentés par les autres candidats, ils ont toutefois été nettement moins abordés par les journalistes sur Twitter. En ce sens, la polémique a infusé dans la sphère politique, mais n’a que faiblement imprimé dans la sphère médiatique. Un écart qui s’inscrit alors dans la continuité de la diminution de la visibilité d’Éric Zemmour auprès des journalistes. À l’inverse, Jean-Luc Mélenchon a enregistré une forte exposition auprès des journalistes politiques sur Twitter après son meeting « immersif » de Nantes. Bien que l’événement se soit tenu en fin de période, dimanche 16 janvier, il est l’un des moments les plus commentés de la semaine sur Twitter, les journalistes commentant notamment son recours à des innovations technologiques : stimuli visuels, son spatialisé, parfums naturels.

Cette forte médiatisation fait ainsi de l’événement de Jean-Luc Mélenchon l’un des rares meetings ayant marqué l’actualité d’une semaine, à l’instar de celui d’Éric Zemmour au début du mois de décembre à Villepinte.

Enfin, la candidature de Christiane Taubira a largement été commentée par les journalistes sur Twitter. Si sa déclaration de candidature le samedi 15 janvier a été suivie, c’est également l’incidence de cette candidature sur les autres candidatures à gauche – spécifiquement celle d’Anne Hidalgo – qui a suscité un volume important de tweets tout au long de la semaine. Ces discussions augmentent la visibilité de la candidate socialiste auprès des journalistes. Pour autant, il s’agit comme la semaine passée d’une visibilité subie : les journalistes et les commentateurs s’intéressant davantage aux difficultés de sa campagne et à sa place dans les sondages qu’au contenu de son programme présidentiel dévoilé la semaine passée.


Anthony Dos Santos
Anthony Dos Santos

Co-fondateur / Directeur associé chez Uptowns 👀