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Elytweet n°12 – Semaine du 27 au 02 janvier 2022

Ce baromètre Elytweet permet d’analyser l’agenda setting, c’est-à-dire la capacité du côté des candidats à l’élection présidentielle, de leur formation politique et de leur entourage à imposer certaines thématiques à l’agenda médiatique sur Twitter. Il s’agit également de s’intéresser à la visibilité que donnent des journalistes politiques et éditorialistes sur Twitter à ces candidats et formations.

INDICE d’alignement* – semaine du 27 au 02 JANVIER

*Indice, de 1 à 10, qui permet de voir l’alignement des sujets abordés par les comptes Twitter des différents candidats déclarés ou présumés à l’élection présidentielle de 2022 et de leurs soutiens partisans et ceux abordés par les comptes Twitter des journalistes éditorialistes politiques au cours de la période écoulée

INDICE DE VISIBILITÉ * – semaine du 27 au 02 JANVIER

*Pourcentage des tweets émis par les comptes Twitter des journalistes politiques et éditorialistes politiques qui citent au moins une fois le nom de l’un des candidats déclarés ou présumés à l’élection présidentielle de 2022, de leur entourage respectif et de leur formation politique.


La semaine écoulée se distingue des autres semaines par le faible volume de tweets publiés du côté des candidats et de leur entourage. Pour les journalistes et commentateurs politiques, le volume est similaire aux autres semaines. La semaine a été très fortement marquée par l’entrée dans l’année 2022 : les candidats et leur entourage ont d’une part adressé leurs vœux aux Français et ont d’autre part réagi à ceux prononcés par le président de la République le 31 décembre. Des vœux politiques souvent reliés à l’horizon du scrutin présidentiel et recoupant ainsi les promesses de campagne.

Le coronavirus a également donné lieu à un volume de tweets conséquent. Un cinquième des publications des journalistes et des commentateurs politiques sur Twitter porte sur ce sujet. Cela constitue un score inédit.

Le protocole mis en place pour la rentrée scolaire a également donné lieu à un nombre important de tweets. Si les journalistes ont publié et relayé le protocole, les candidats et leur entourage ont, quant à eux, critiqué le moment de la parution (la veille de la rentrée scolaire) et le format (un article dans Le Parisien dont l’accès est réservé aux abonnés). Cette diffusion dans un article payant a également donné lieu à des sarcasmes de la part des journalistes sur Twitter.

Malgré le nombre de sujets “imposés par la période” (les vœux, le coronavirus ou la présidence française de l’Union européenne), les candidats de l’opposition ont réussi à placer la question de la souveraineté nationale au cœur de l’agenda politique et médiatique. En s’emparant du déploiement du drapeau européen sous l’Arc de Triomphe, ils ont imprimé une version inédite des débuts de la présidence française de l’Union européenne.

Le sujet a en effet entraîné un très grand nombre de tweets du côté des journalistes et particulièrement mobilisé l’opposition, en premier lieu Marine Le Pen. Éric Zemmour, Valérie Pécresse, Jean-Luc Mélenchon et leur entourage ont critiqué le choix du drapeau européen sous l’Arc de Triomphe, dépassant ainsi les clivages gauche / droite pour définir un clivage entre souverainisme et fédéralisme. Yannick Jadot, Anne Hidalgo et l’entourage du président de la République ont, eux, défendu ce symbole. Jean-Luc Mélenchon a quasiment doublé sa visibilité hebdomadaire (en passant de 5,3 à 10,4 %).  Contrairement aux semaines passées, le candidat de LFI et son entourage ont moins tenté de mettre à l’agenda des sujets en propre et ont davantage suivi l’actualité.

Ce changement de stratégie, associé à un volume moindre de tweets, a permis au candidat et à son entourage d’avoir une meilleure visibilité.

En termes de volume, ce sont les équipes de Yannick Jadot et de celles d’Éric Zemmour qui ont le plus contribué aux débats, sans pour autant obtenir de la visibilité auprès des journalistes de manière proportionnelle. Cela s’explique par des choix de sujets mis en avant très centrés sur leur campagne ou leur organisation politique.

Emmanuel Macron a, quant à lui, obtenu 41,6 % de visibilité.

En ce sens, si les membres de l’opposition ont réussi à influer sur les agendas politique et médiatique, ils n’en ont pas tous tiré profit et cette modification n’a pas contribué à éclipser le président de la République.


Anthony Dos Santos
Anthony Dos Santos

Co-fondateur / Directeur associé chez Uptowns 👀