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Elytweet n°10 – Semaine du 06 au 12 décembre 2021

Ce baromètre Elytweet permet d’analyser l’agenda setting, c’est-à-dire la capacité du côté des candidats à l’élection présidentielle, de leur formation politique et de leur entourage à imposer certaines thématiques à l’agenda médiatique sur Twitter. Il s’agit également de s’intéresser à la visibilité que donnent des journalistes politiques et éditorialistes sur Twitter à ces candidats et formations.

INDICE d’alignement* – semaine du 06 au 12 décembre

*Indice, de 1 à 10, qui permet de voir l’alignement des sujets abordés par les comptes Twitter des différents candidats déclarés ou présumés à l’élection présidentielle de 2022 et de leurs soutiens partisans et ceux abordés par les comptes Twitter des journalistes éditorialistes politiques au cours de la période écoulée

INDICE DE VISIBILITÉ * – semaine du 06 au 12 décembre

*Pourcentage des tweets émis par les comptes Twitter des journalistes politiques et éditorialistes politiques qui citent au moins une fois le nom de l’un des candidats déclarés ou présumés à l’élection présidentielle de 2022, de leur entourage respectif et de leur formation politique.


Contrairement aux semaines précédentes, le bloc de gauche sort de son invisibilité relative auprès des journalistes politiques sur Twitter, avec 39 % de la visibilité totale enregistrée. Cette progression est directement liée à la proposition d’Anne Hidalgo d’organiser une primaire de la gauche en vue d’assurer une présence du bloc au second tour de l’élection présidentielle. Dès lors, ce qui était au départ perçu comme une proposition isolée – bien qu’Arnaud Montebourg déclarât quelques heures auparavant son souhait d’offrir sa candidature à un « projet commun » – va se transformer en une importante séquence médiatique, plaçant de fait, et pour la première fois, les enjeux de la gauche au centre du débat politique sur Twitter.

Cependant, cette mise à l’agenda n’arrange pas nécessairement Europe Écologie Les Verts et La France insoumise qui, ne souhaitant pas participer à la primaire, se voient contraints de réagir à la proposition d’Anne Hidalgo, voire aux appels téléphoniques d’Arnaud Montebourg. En conséquence, si la gauche peut s’enorgueillir d’être plus présente dans le débat médiatique, il est difficile pour les candidats et leur entourage de faire émerger d’autres sujets de campagne.

On retiendra néanmoins que cette séquence aura permis à Anne Hidalgo d’enregistrer son plus fort taux de visibilité depuis la création du baromètre. À titre de comparaison, il est plus élevé de huit points que le taux obtenu lors de son investiture la semaine du 11 octobre.

Parallèlement, et au-delà de l’événement politique que constitue le 3e référendum d’autodétermination de la Nouvelle-Calédonie, la semaine a surtout été marquée par des séquences politiques liées à la dynamique de la campagne. Il s’agit notamment de commentaires relatifs aux violences ayant émaillé le meeting du 5 décembre d’Éric Zemmour à Villepinte, à la progression dans les sondages de Valérie Pécresse et au débat entre Éric Zemmour et Bruno Le Maire.

Ces sujets sont autant de marqueurs forts puisque la plupart des candidats et leur entourage ont réagi aux sujets qui concernaient leur propre partie du spectre politique : les candidats de gauche abordent la possibilité d’une primaire de la gauche tandis que les candidats de droite réagissent aux sujets qui impliquent les autres candidats situés à droite de l’échiquier.

Seule exception, la candidate du Rassemblement National qui se trouve alignée sur plus de la moitié des sujets politiques portés par les journalistes. Toutefois, cet alignement ne se traduit pas par une visibilité en retour et une capacité à inscrire à l’agenda des sujets.

Preuve en est, la surmobilisation de son entourage concernant l’agression de l’ancienne porte-parole de Génération Identitaire, Thaïs d’Escufon, qui n’a pas été relayée du côté des journalistes.

Enfin, s’agissant d’Emmanuel Macron, la conférence de presse qu’il a donnée jeudi 9 décembre a particulièrement agité les discussions en ligne. En effet, ses déclarations sur la présidence française à venir de l’Union européenne ont mobilisé l’ensemble du paysage médiatique et politique. Si certains candidats ont déploré la vision qu’Emmanuel Macron a de l’Europe, les critiques se sont avant tout portées sur la temporalité dans laquelle intervient cette présidence de l’UE, accusant le chef de l’État de bénéficier d’une audience médiatique qui ne saurait être décomptée dans la course à la présidentielle. Malgré cet événement qui figure parmi les sujets les plus évoqués par les journalistes et les différents candidats et leur entourage, la visibilité du président de la République est stable.


Anthony Dos Santos
Anthony Dos Santos

Co-fondateur / Directeur associé chez Uptowns 👀