INTENTIONS DE VOTE vague 9 – 11/03/2022

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Election Présidentielle 2022

A un mois du premier tour de l’élection présidentielle, notre dernière vague d’enquête confirme les conséquences très nettes de la crise ukrainienne sur l’élection française. La forte progression du chef de l’Etat se consolide cette semaine. La crise inquiète les Français, surtout en ce qui concerne ses conséquences économiques, en particulier sur leur pouvoir d’achat. Cette vague reflète également un regain d’intérêt pour l’élection et une intention de participation en hausse. Tels sont les principaux résultats de notre 9ème vague d’enquête pré-électorale en partenariat avec Orange et RTL.

crise en ukraine : vive inquiétude et renforcement de la préoccupation des Français pour leur pouvoir d’achat

  • Près des deux tiers des Français craignent que la guerre en Ukraine ne s’étende au territoire français (63% dont 21% « beaucoup »). Cette crainte est plus marquée chez les femmes (73% contre 51% des hommes) et chez les jeunes (69% des moins de 35 ans).
  • Pour autant, les préoccupations des Français restent très « nationales ».  Interrogés à chaque vague sur les sujets qui compteront le plus dans leur choix (qu’ils aillent voter ou non) le jour du scrutin, les Français inscrits sur les listes électorales placent toujours en tête la santé et le pouvoir d’achat. A noter toutefois : le pouvoir d’achat, à égalité avec la santé depuis la mi-janvier, progresse et la dépasse (il comptera beaucoup pour 73% des Français, +3). Parallèlement, la situation économique de la France, en hausse de 5 points sur la modalité « beaucoup » (63%), ravit la 3ème place à la sécurité. Ces évolutions traduisent des inquiétudes de la part des citoyens quant aux conséquences éventuelles de la crise en Ukraine sur l’économie française et leur pouvoir d’achat. En revanche, la crise ukrainienne en tant que telle, testée pour la première fois, ne figure qu’au 16ème rang des sujets qui pèseront dans le vote des Français. Elle comptera « beaucoup » pour 40% des inscrits.
Thématiques qui compteront le plus lors du vote - Pouvoir d'achat, santé situation économique - Ukraine - Présidentielle 2022 - BVA RTL Orange
  • Tant sur les aspects diplomatiques, que militaires ou économiques, Emmanuel Macron est perçu comme le plus crédible pour gérer la situation. 59% des Français déclarent lui faire confiance pour gérer la crise ukrainienne s’il était (ré)élu président de la République. Il devance de très loin tous les autres candidats sur cette question. Marine Le Pen et Valérie Pécresse bénéficient d’un potentiel de confiance deux fois moindre que celui du chef de l’Etat (respectivement 31% et 30%), Jean-Luc Mélenchon (23%) ou Eric Zemmour (20%). Ces résultats rejaillissent mécaniquement sur les intentions de vote.

ELECTION : Regain d’intérêt et intention de participation en hausse

  • L’intérêt pour l’élection présidentielle progresse de façon notable. 74% des Français inscrits sur les listes électorales déclarent s’y intéresser (+4 par rapport à notre précédente mesure). Ce niveau est strictement identique à celui que nous mesurions à un mois du premier tour en 2017. Cette progression s’enregistre exclusivement sur l’item de réponse « beaucoup », qui passe de 35% à 39%.
  • Emmanuel Macron bénéficie très clairement de la séquence. Il capitalise sur son triple statut de chef de l’Etat, protecteur des Français et de leurs valeurs, chef des armées et chef de la diplomatie. Le réflexe légitimiste semble fonctionner à plein dans un contexte où il incarne la continuité et celui qui maîtrise le dossier. Ses positions pro-européennes le distinguent de certains autres candidats qui peuvent au contraire pâtir de la séquence.

Plusieurs raisons peuvent venir expliquer cette hausse de l’intérêt pour l’élection :

  • L’entrée en campagne du président de la République, dans une lettre aux Français diffusée par la PQR jeudi dernier
  • L’annonce, par le Conseil constitutionnel, de la liste officielle des candidats qui marque le début de la campagne (même si la campagne « officielle » ne démarrera que le 28 mars)
  • La prise de conscience – au regard de la crise internationale actuelle – de l’importance des enjeux politiques et du choix de nos dirigeants.
Présidentielle 2022 - notorité et intérêt pour l'élection présidentielle 2022 - BVA RTL Orange - mars 2022
  • Conséquence de ce regain d’intérêt pour l’élection. L’intention de participation progresse dans les mêmes proportions (76% contre 72%, +4). C’est sur l’item le plus intense (la note 10, traduisant l’intention la plus certaine d’aller voter) que la progression s’enregistre exclusivement (64% contre 61% la semaine dernière). L’intention de participer reste toutefois inférieure à celle mesurée en 2017 à la même période.
  • La connaissance de la date du 1er tour progresse logiquement (et heureusement) de façon continue, à mesure que le scrutin approche. 44% des Français inscrits sur les listes électorales sont en mesure de citer spontanément la date du 10 avril (+8 en une semaine, +18 en un mois). Ce sont désormais 38% des inscrits qui ne savent pas quand aura lieu le scrutin ou restituent une date erronée.
  • Enfin, notre indice de volatilité évolue peu en une semaine. Parmi les inscrits prévoyant de voter au 1er tour de la présidentielle, 4 sur 10 n’expriment actuellement pas d’intention de vote ou peuvent encore changer d’avis (39%). C’est proche de ce que l’on mesurait à un mois du scrutin en 2017 (40%).

Emmanuel Macron très largement en tête des intentions de vote au premier tour

  • Après avoir bondi de 5 points la semaine dernière, porté par le contexte de crise, Emmanuel Macron qui, entre temps, a officialisé sa candidature, confirme sa dynamique. Il demeure très largement en tête des intentions de vote, crédité de 30% des suffrages au premier tour (+1 en une semaine, +6 depuis le début de la crise ukrainienne).
  • Il confirme sa nette progression chez les 25-34 ans (29% d’intentions de vote) et les 35-49 ans (30%) où il surpasse désormais Marine Le Pen. En revanche, il est en légère perte de vitesse chez les plus jeunes (devancé par Marine Le Pen au sein de cette catégorie) et les plus âgés (70 ans et plus) chez qui Valérie Pécresse reprend légèrement l’avantage.
  • En termes de milieu social, Emmanuel Macron s’impose très nettement en tête chez les cadres (43% d’intentions de vote) et dans une moindre mesure les professions intermédiaires (35%). Les indépendants et chefs d’entreprise, un temps tentés par Eric Zemmour, semblent s’être en partie rangés derrière le Président sortant.
  • En termes de sensibilité politique, les sympathisants du parti présidentiel font toujours bloc derrière lui (95% d’intentions de vote). Emmanuel Macron confirme sa légère progression chez les sympathisants LR (17% d’intentions de vote, +1 après une hausse de 3 points la semaine dernière) ainsi que sa progression plus nette chez les sympathisants EELV (22%, +2 après une hausse de 13 points). Le candidat demeure à un niveau assez élevé et en tête chez les sympathisants PS (32%). Il récupère toujours l’essentiel de son socle électoral du premier tour de 2017 (81%), un quart des électeurs de François Fillon (25%) et 21% des électeurs de Benoît Hamon.
  • Le socle électoral du Président sortant demeure le plus solide. 80% des électeurs déclarant une intention de vote en sa faveur se disent sûrs de leur choix, comme la semaine dernière.
Intentions de vote Tour 1 Election présidentielle 2022 - BVA RTL Orange - mars 2022

âpre bataille pour la seconde place : Marine Le Pen semble creuser l’écart ; SES trois concurrents dans un mouchoir de poche

  • La légère baisse de la candidate du Rassemblement national, affectée par ses positions pro-russes, aura été de courte de durée. Elle reprend 1 point pour s’établir à 17% des intentions de vote. Elle ne semble pas du tout pâtir du ralliement de sa nièce, Marion Maréchal, à Eric Zemmour. Marine Le Pen reste très largement en tête des intentions de vote chez les ouvriers (30%) et les employés (29%). Elle confirme l’affermissement de son socle électoral. 77% des électeurs ayant l’intention de voter pour elle se disent sûrs de leur choix (+1).
  • Même si elle creuse l’écart avec ses concurrents, compte tenu des marges d’erreur, la candidate du RN se dispute encore la seconde place avec désormais trois concurrents, dans un mouchoir de poche.

Seconde place : les concurrents de marine le pen dans un mouchoir de poche

  • Comme la semaine dernière, Eric Zemmour est crédité de 13% des intentions de vote, confirmant la baisse enregistrée la semaine dernière. Il ne parvient pas pour l’instant à réenclencher de dynamique. Notons que notre terrain d’enquête s’est terminé avant le débat l’opposant jeudi 10 mars à Valérie Pécresse. Son socle électoral demeure robuste. 74% des électeurs ayant l’intention de voter pour lui se déclarent sûrs de leur choix.
  • Jean-Luc Mélenchon confirme sa dynamique. Il progresse à nouveau d’1 point pour s’établir à 12,5% des intentions de vote. Son socle électoral se solidifie. 76% des électeurs ayant l’intention de voter pour lui sont sûrs de leur choix. Il réalise ses meilleurs scores chez les plus jeunes (23% d’intentions de vote chez les moins de 35 ans) ainsi que chez les CSP- chez qui il reste toutefois largement distancé par Marine Le Pen mais aussi par Emmanuel Macron. Il fait jeu égal avec eux chez les plus précaires (revenus inférieurs à 1500 €). Sa « courbe » ressemble pour l’heure à celle de 2017 : crédité de 12% des intentions de vote mi-mars puis de 14% à un mois du premier tour. Il peut désormais prétendre lui aussi au second tour.
  • A l’inverse, Valérie Pécresse est toujours en perte de vitesse et est créditée de 12% des intentions de vote (-1). Son socle électoral est moins solide que celui de ses concurrents (68% de « sûreté du choix »). Elle convainc moins d’un électeur de François Fillon sur deux (47%, stable), l’autre moitié se partageant entre Emmanuel Macron (25%) et Eric Zemmour (19%) pour l’essentiel.

gauche : le retrait de Christiane Taubira ne modifie pas la donne

  • Yannick Jadot est crédité de 5,5% des intentions de vote, parfaitement stable par rapport à la semaine dernière. Fabien Roussel ne parvient pas à enrayer sa baisse. Il est crédité de 3% des suffrages (-0,5) après avoir flirté avec la barre des 5%. Il devance toutefois toujours la candidate du Parti socialiste Anne Hidalgo (2,5%, +0,5). Les deux candidats trotskystes Nathalie Arthaud et Philippe Poutou oscillent entre 0,5 et 1% chacun. Au total, la gauche ne représente que 25% des intentions de vote seulement. De l’autre côté du spectre politique, Nicolas Dupont-Aignan et Jean Lassalle sont crédités de 1,5% des suffrages chacun.

A très vite pour notre prochaine vague d’intentions de vote !

ADÉLAÏDE ZULFIKARPASIC
ADÉLAÏDE ZULFIKARPASIC

Directrice BVA Opinion

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