INTENTIONS DE VOTE vague 1 – 14/10/21

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Election Présidentielle 2022

A 6 mois de l’élection présidentielle, BVA, en partenariat avec Orange et RTL, lance son dispositif de suivi de la campagne. Notre objectif ? Identifier et analyser les enjeux de cette élection, décrypter les attentes des Français, suivre l’évolution des forces en présence pour tenter d’appréhender au mieux cette campagne qui démarre.

L’intérêt manifesté par les Français pour cette élection reste élevé

Si les dernières élections municipales, régionales et départementales – qui se sont déroulées dans un contexte très spécifique – ont été marquées par des records d’abstention et si les Français portent un regard de plus en plus critique voire distant sur la politique, l’élection présidentielle n’en demeure pas moins un moment fort.

L’intérêt manifesté par les Français pour cette élection reste élevé : plus de sept Français sur dix déclarent s’y intéresser (72%), 41% (soit plus de quatre sur dix) suivront même cette élection avec « beaucoup » d’attention. Ces résultats sont strictement identiques à ceux que nous mesurions il y a cinq ans, en octobre 2016.

L’intérêt des Français pour cette élection n’a donc pas faibli. Conséquence, leur intention de prendre part à ce scrutin demeure relativement importante, même si l’on sent poindre une légère érosion, mais sans commune mesure avec les derniers scrutins locaux. 70% des électeurs interrogés déclarent en effet à ce jour une intention certaine d’aller voter au premier tour de l’élection présidentielle (en donnant une note de 9 ou 10 pour « qualifier » leur intention d’aller voter), ils étaient 73% à la même période il y a cinq ans (pour une participation réelle de 77,8%).

Bien entendu, les six prochains mois et la campagne qui va se jouer seront déterminants dans leur capacité à entraîner ou non les Français vers les urnes. À ce jour, près d’une personne sur deux ayant l’intention de voter n’est pas sûre de son choix, tout est donc encore ouvert, alors que la campagne n’a pas réellement commencé.

Dans ce contexte encore instable en termes d’offre, plusieurs enseignements se dégagent de notre première mesure d’intentions de vote, dans laquelle nous avons testé différentes configurations qui permettent d’établir un état des lieux de l’opinion à six mois du scrutin.

Emmanuel Macron aborde cette séquence en bonne posture 

  • S’il était candidat à sa réélection et si celle-ci avait lieu maintenant, Emmanuel Macron arriverait en tête du premier tour quel que soit le cas de figure. Il apparaît en effet crédité de 26 à 28% des intentions de vote dans l’hypothèse d’une candidature d’Éric Zemmour et Marine Le Pen. Et il recueillerait entre 28 et 30% des suffrages exprimés dans l’hypothèse où Eric Zemmour ne serait pas candidat.
  • Dans tous les cas, Emmanuel Macron ferait mieux que son résultat de 2017. S’il parvient à capitaliser sur son socle électoral (entre les deux tiers et les trois-quarts de ses électeurs au premier tour de 2017 voteraient à nouveau pour lui), il rassemblerait également derrière lui une partie des électeurs de Benoît Hamon (environ un quart) ainsi que de François Fillon (plus ou moins un tiers selon les hypothèses).
  • À noter enfin que ce socle électoral semble plutôt « robuste » : entre 72% et 81% (selon les hypothèses) des électeurs ayant l’intention de voter pour le Président sortant se déclarent « sûrs de leur choix ».

Jeu ouvert à droite

  • Dans l’hypothèse où Eric Zemmour ne serait pas candidat, Marine Le Pen serait assez clairement en mesure de se qualifier pour le second tour, en deuxième position derrière Emmanuel Macron, faisant mieux elle aussi que son résultat de 2017, avec 24 à 25% des intentions de vote.
  • Si Eric Zemmour se porte candidat, Marine Le Pen serait en revanche mise en difficulté et recueillerait 16 à 17% des suffrages exprimés. Elle devancerait d’une courte tête le polémiste qui lui apparaît crédité de 13 à 14% des intentions de vote. Au regard des marges d’erreur, autant dire qu’ils seraient au coude à coude.
  • Eric Zemmour, s’il se présentait, attirerait environ un quart des sympathisants LR, un quart des sympathisants RN (tout comme un quart des électeurs de Marine Le Pen au premier tour de 2017) et un gros tiers des sympathisants de Debout La France.
  • À  noter toutefois que le socle électoral de la présidente du RN apparaît aujourd’hui comme le plus solide : environ 8 de ses électeurs potentiels sur 10 sont « sûrs de leur choix », un résultat de près de 20 points supérieur à celui d’Éric Zemmour mais qui, lui, n’est pas candidat.

La droite traditionnelle à la peine

  • Dans l’attente de son congrès qui devrait aboutir à la désignation d’un candidat LR unique, la droite traditionnelle apparaît pour le moment à la peine.
  • Valérie Pécresse recueillerait 10 à 12% des voix, Michel Barnier entre 8,5 et 10%. Xavier Bertrand ferait un peu mieux avec 12 à 15% des intentions de vote, mais en l’état actuel des choses, cela ne suffirait pas pour lui permettre d’accéder au second tour.

A gauche, aucun leader ne s’impose

  • La gauche apparaît émiettée pour ne pas dire « en miettes ». Jean-Luc Mélenchon et Yannick Jadot font jeu égal avec 8 à 8,5% des intentions de vote selon les hypothèses. Anne Hidalgo arriverait assez nettement derrière avec 4% d’intentions de vote, au coude à coude avec Arnaud Montebourg (4% des intentions de vote également).
  • En termes de solidité du socle électoral, c’est le leader de la France Insoumise qui peut s’appuyer sur le plus robuste (entre les deux tiers et les trois-quarts de ses électeurs sont sûrs de leur choix) quand, à l’inverse, Anne Hidalgo a aujourd’hui le plus friable.
  • À noter cependant : quelle que soit la configuration, Jean-Luc Mélenchon ne parvient pour le moment qu’à conserver les intentions de vote d’à peine la moitié de ses électeurs de 2017 (entre 41 et 44%).
  • Toutes candidatures confondues, la gauche cumulée recueille 27% des intentions de vote, un niveau comparable à son résultat au premier tour de 2017. Si les sympathisants PS sont très partagés et voteraient à part égale en faveur d’Arnaud Montebourg, d’Anne Hidalgo ou d’Emmanuel Macron, les électeurs de Benoît Hamon sont plus nombreux à être attirés par Yannick Jadot. Signe qu’à gauche, pour le moment, aucun leader ne se détache clairement aux yeux de l’opinion.

LA CAPACITÉ DES CANDIDATS À RÉPONDRE AUX PRÉOCCUPATIONS ET ATTENTES DES FRANÇAIS CONSTITUERA BIEN SÛR UN ÉLÉMENT CLÉ DU SCRUTIN, MÊME SI L’ON SAIT QU’UNE ÉLECTION NE SE JOUE PAS EXCLUSIVEMENT SUR UN PROGRAMME. NOMBREUX SONT LES SUJETS QUI PÈSERONT SUR LA DÉCISION DES ÉLECTEURS LE 10 AVRIL 2022, QU’ILS DÉCIDENT OU NON D’ALLER VOTER :

  • Au sortir de près de deux ans de crise sanitaire, la santé reste un enjeu crucial pour une majorité de Français : elle comptera « beaucoup » pour les deux tiers d’entre eux (67%) et concerne l’ensemble des catégories de la population, même si c’est un enjeu plus fort pour les plus âgés.
  • Le pouvoir d’achat s’impose comme la deuxième thématique centrale de cette pré-campagne : il comptera « beaucoup » pour 65% des électeurs. Cette préoccupation est également majoritaire au sein de toutes les catégories de la population à l’exception des jeunes de 18-24 ans (elle comptera « beaucoup » pour 45% d’entre eux) et plus marquée chez les employés et ouvriers (71%).
  • L’avenir du système social (qui comptera « beaucoup » pour 60% des électeurs) et les retraites (59%) arrivent juste derrière, au même niveau que la sécurité (59%) qui est donc loin de prendre le dessus sur les sujets économiques et sociaux.

A très vite pour notre seconde vague d’intentions de vote !

ADÉLAÏDE ZULFIKARPASIC
ADÉLAÏDE ZULFIKARPASIC

Directrice BVA Opinion

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