Présidentielle 2022 : l’engagement de BVA

BVA ouvre sa « séquence Présidentielle 2022 », en partenariat avec RTL et Orange, et publie cette semaine (jeudi 14 octobre) sa première enquête pré-électorale.

Un timing parfait

Alors que depuis quelques jours les sondages se retrouvent à nouveau sous le feu des critiques et que se multiplient les prises de parole sur leur inflation et leur rôle plus ou moins néfaste sur la démocratie, on ne pouvait rêver meilleure fenêtre pour publier notre première enquête d’intentions de vote.

Cette question du rôle des sondages, de leur influence non seulement sur les choix électoraux mais aussi désormais sur la sélection des candidats, est bien sûr légitime et mérite d’être posée. Elle ne date d’ailleurs pas d’hier et il reste difficile d’y répondre. Déjà, en 1969, Michel Brûlé, le « B » de BVA (Brûlé, Ville et Associés), posait la question dans un article intitulé « Faut-il publier les sondages préélectoraux ? » (Communication & Langages). On y retrouvait déjà nombre des arguments à la fois « pour » et « contre » leur publication. On peut ainsi y lire :

De façon générale, on peut penser que les travaux des organismes de sondages et leur diffusion servent la cause de la démocratie ; les sondages politiques font en effet prendre conscience, à ceux qui en lisent les résultats, de la diversité des opinions parmi leurs concitoyens. Chacun tend à fréquenter un milieu qui se caractérise, dans le domaine politique, par des options dominantes. Il est bon de pouvoir situer à leur juste poids ces options parmi celles de l’ensemble du corps électoral.

Un argument toujours valable et sans doute plus encore à l’heure des réseaux sociaux, des « vérités alternatives » et des bulles d’influence.

Michel Brûlé rappelait néanmoins dans ce même article que :

Il importe que la portée et les limites du sondage soient correctement perçues par celui qui en prend connaissance […]. La juste appréciation de la valeur d’information d’un sondage est avant tout un problème d’éducation. 

Ou en d’autres termes de pédagogie.

Ce débat sur le rôle des sondages est complexe et mérite bien plus que quelques lignes pour lui apporter une réponse toute en nuances. Ce n’est pas notre propos ici. Ce que nous souhaitons simplement dire, alors que nous nous lançons nous aussi chez BVA dans la Présidentielle, c’est que nous tenterons, tout au long de cette campagne, de suivre deux grands principes :

  1. Être fidèles à la mission que nous nous sommes fixés en éclairant les citoyens sur les enjeux de la séquence électorale. A ce titre, nos enquêtes pré-électorales ne sont qu’une brique parmi d’autres d’un dispositif plus global qui mêle les regards (sondeurs, universitaires, ethnologues, etc.) et les approches pour tenter d’appréhender au mieux le rapport des Français à l’engagement en général et au vote en particulier.
  2.  Accompagner nos publications d’un maximum de pédagogie. Ainsi, par exemple, en présentant de façon visuelle les résultats des intentions de vote avec les marges d’erreur, pour que chacun puisse se faire une idée réelle des ordres de grandeur et zones de « recouvrement » entre les candidats, sans avoir à se reporter à un tableau parfois abscons. En communiquant sur la volatilité des électeurs, le degré de certitude (ou d’incertitude) de leurs choix. Ou encore en nous intéressant aussi à ceux qui n’ont pas l’intention d’aller voter ou encore, à ceux qui ne sont même pas inscrits sur les listes électorales.

Notre but n’est donc pas d’ajouter du bruit au bruit, de la confusion à la confusion. Mais tout simplement d’essayer de comprendre ce qui va se jouer tout au long des six prochains mois.

Nous le ferons de manière progressive, avec une seule enquête par mois d’ici la fin de l’année, avant d’augmenter la fréquence progressivement, à mesure que l’offre électorale sera plus claire.

ADÉLAÏDE ZULFIKARPASIC
ADÉLAÏDE ZULFIKARPASIC

Directrice BVA Opinion